Proposition 4

3.1.4. Meilleure prise en compte des langues de la migration

De nombreux élèves possèdent des compétences linguistiques qui ne trouvent pas spontanément place dans les programmes scolaires actuels. Bien que définis comme « allophones », ces élèves sont souvent bilingues, voir trilingues. Il importe de tenir compte de leurs compétences linguistiques dans la mesure du possible, et ce pour plusieurs raisons :

  • valoriser la ou les langue(s) maternelle(s) de l’élève, c’est reconnaître un élément constitutif important de son identité culturelle et réduire ainsi les risques de conflits de loyauté par rapport à ses origines et à sa culture ;
  • accorder une place à leur(s) langue(s) à l’école suscite souvent chez les parents une ouverture plus grande face à l’institution scolaire ;
  • souligner les compétences linguistiques de ces élèves permet de les valoriser aux yeux de leurs camarades qui peuvent ainsi les percevoir comme détenteurs d’un savoir unique à partager. L’intégration sociale en est ainsi facilitée.

Par ailleurs, la capacité d’acquérir une langue de manière intuitive, bien présente durant la petite enfance, a tendance à diminuer progressivement au profit d’un dispositif d’acquisition du langage par des mécanismes cognitifs plus généraux, valables pour toutes les tâches de résolution de problèmes. Il conviendrait dès lors de favoriser le transfert et le réinvestissement de ces compétences-là lors de l’apprentissage de nouvelles langues étrangères. Didactique intégrée des langues, activités d’éveil et d’ouverture aux langues sont autant de pistes devant permettre aux enseignants de mieux tenir compte des réelles compétences de l’enfant migrant.

Des cours de langue et de culture d’origine (LCO) sont souvent proposés aux élèves par leurs communautés linguistiques d’appartenance. S’il n’est pas toujours possible d’en tenir compte lors des séquences d’enseignement/apprentissage en L2/L3, une intensification de la collaboration avec les responsables de ces cours, déjà observée ces dernières années, permettrait par contre de mieux cerner le profil et les compétences de ces élèves. Cette collaboration a notamment vu émerger les activités suivantes :

  • inscription de la participation des élèves migrants aux cours LCO dans les livrets scolaires.
  • établissement de bilans de compétences scolaires en langue maternelle lorsque des situations délicates le justifient.
  • séances de formation et d’échanges entre enseignants de l’école publique et les enseignants LCO.

La prise en compte des langues de migration est également intégrée de façon plus systématique dans différents projets d’école, plus particulièrement ceux qui sont centrés sur la lecture. Ces projets ont permis ainsi de découvrir, à travers le livre et le jeu, la richesse des quelques 130 langues parlées par les élèves migrants qui fréquentent les classes fribourgeoises.

En cas de nécessité, les enfants allophones primo-arrivants bénéficient de mesures d’appui pédagogique pour l’apprentissage de la langue locale (cours de langue, classes d’accueil). Une expérience pilote a mis en évidence les effets positifs d’un soutien dans la langue maternelle. S’agissant de population fragilisée, de tels processus peuvent s’avérer efficaces et pourraient au besoin être reconduits.

 

  • Offrir un soutien aux enseignants afin qu’ils puissent mieux prendre en compte les compétences spécifiques des enfants migrants, en particulier leur faciliter le transfert des compétences acquises lors de l’apprentissage de leur 1ère langue étrangère.
  • Favoriser une collaboration avec les responsables des cours de langue et culture d’origine (échanges d’information, notation systématique dans le bulletin scolaire, ...).

 

Site officiel : Migration et intégration